Chaussure coquée : définition, types de coque et normes à connaître

Une chaussure coquée est une chaussure dont l’avant contient une coque rigide, appelée embout de sécurité, qui protège les orteils de l’écrasement et des chocs. En usage professionnel, c’est la coque testée selon la norme EN ISO 20345 qui en fait une chaussure de sécurité. Cet article détaille les matériaux de coque, la lecture du marquage et les usages hors chantier.

Ce que désigne une chaussure coquée

Le terme est courant à l’oral, alors que les fiches techniques parlent de chaussure de sécurité à embout. La coque se place dans la partie avant, entre la tige et la doublure, au-dessus des orteils.

Toutes les chaussures à bout renforcé ne se valent pas. Seule une coque testée et marquée selon la norme apporte un niveau de protection connu, les autres relèvent du style ou du simple renfort.

Ce que la coque protège, et ce qu’elle laisse de côté

Pour une chaussure de sécurité, la norme EN ISO 20345 exige un embout qui résiste à un choc de 200 joules. La brochure ED 6509 de l’INRS traduit ce niveau par la chute d’un objet de moins de 20 kg d’une hauteur d’un mètre.

La coque ne couvre que l’avant-pied. Elle ne protège pas la plante du pied contre un clou, ce rôle revient à l’insert anti-perforation de la semelle, ni le cou-de-pied.

Coque acier, composite ou aluminium : les différences

Les trois matériaux répondent à la même exigence de choc quand le modèle est certifié. Ils diffèrent surtout par le poids, la sensation de froid ou de chaleur au contact et le déclenchement des portiques de détection de métaux.

Une coque métallique (acier, aluminium) est détectable, une coque composite ne l’est pas. Pour un site équipé de portiques ou un travail par grand froid, la fiche technique du modèle reste la référence. Elle indique le matériau de la coque, le poids de la paire et la classe de protection.

Le choix du matériau suit donc l’environnement de travail plutôt qu’une hiérarchie : une coque ne protège pas mieux parce qu’elle est en métal, c’est le test de 200 joules réussi qui compte. Un porteur qui marche toute la journée regarde en priorité le poids de la paire et l’encombrement de l’avant-pied.

Trois embouts de sécurité de matériaux différents posés sur un établi

Lire le marquage : EN ISO 20345 et classes SB à S3

Trois normes se suivent selon la protection de la coque. La norme EN ISO 20345 vise les chaussures de sécurité, avec un embout de 200 joules et le préfixe S. La norme EN ISO 20346 vise les chaussures de protection (préfixe P, embout de 100 joules), et la norme EN ISO 20347 les chaussures de travail (préfixe O), sans embout de sécurité exigé.

Les catégories s’empilent d’une classe à l’autre :

  • SB : exigences de base, dont l’embout de 200 joules et, depuis 2022, une adhérence testée sur sol carrelé avec une solution savonneuse.
  • S1 : SB, avec un talon fermé, un talon qui absorbe l’énergie et une semelle antistatique.
  • S2 : S1, avec une tige qui limite la pénétration de l’eau, sans être totalement étanche.
  • S3 : S2, avec un insert anti-perforation et une semelle à crampons.

Depuis 2022, les catégories S6 et S7 ajoutent la résistance à l’eau de toute la chaussure (marquage WR). D’autres lettres complètent la classe : P pour l’insert anti-perforation métallique, HRO pour la chaleur de contact, CI pour une semelle isolante du froid.

Étiquette de marquage à l'intérieur d'une chaussure de travail

Au travail : quelles chaussures coquées exiger

Un employeur doit fournir à ses salariés les équipements de protection individuelle adaptés aux risques du poste, sans frais pour eux. Le poste décide donc de la classe : un simple risque d’écrasement relève du SB ou du S1, un sol humide ou des clous demandent plutôt du S2 ou du S3.

L’évaluation des risques du poste, menée par l’employeur, fixe la classe à retenir. Un salarié qui hésite entre deux classes peut demander cette évaluation avant de choisir une paire.

Pour comparer des modèles à coque déjà testés, la sélection de chaussures de sécurité à coque du site complète cette lecture du marquage.

Bien porter une chaussure coquée : pointure et usages hors chantier

Essayer la paire en fin de journée, avec les chaussettes de travail, évite de choisir trop juste. Les orteils doivent rester libres sous la coque, car celle-ci ne s’adapte pas au pied. Une paire trop étroite fait mal dès les premières heures, un point que traite aussi cet article sur le confort et le maintien d’une chaussure.

Hors chantier, la coque se retrouve en moto, en randonnée ou dans le style punk. Une coque de mode non certifiée ne vaut pas une protection : sans marquage, aucun niveau de choc n’est garanti. Pour marcher en forêt, une tenue de balade en forêt adaptée compte autant que la coque.

Une chaussure coquée utile porte donc deux informations lisibles sur l’étiquette : la norme et la classe. Sans elles, le niveau de protection reste inconnu.

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