Le taux national de pauvreté atteint 42,4 % en 2024, soit près d’un habitant sur deux vivant sous le seuil de pauvreté. Les transferts de la diaspora représentent plus de 20 % du PIB, mais cette dépendance limite la résilience structurelle face aux chocs économiques.
L’accès aux soins primaires reste entravé pour plus de 30 % de la population, malgré la présence d’organisations humanitaires actives. Les épisodes de pénuries alimentaires et de tensions sociales se multiplient, sur fond de catastrophes naturelles récurrentes et de crises politiques. Les besoins humanitaires dépassent largement les réponses actuellement mises en œuvre.
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Crise humanitaire aux Comores : comprendre les origines et mesurer l’ampleur du défi
La crise humanitaire qui secoue l’Union des Comores plonge ses racines dans une histoire heurtée, où fractures politiques et dépendance extérieure s’enchevêtrent. Depuis 1975, Grande Comore, Mohéli et Anjouan forment l’État, séparées de Mayotte, restée française puis départementalisée en 2011. Cette faille, jamais refermée, pèse toujours sur la stabilité du pays. Sous la présidence d’Azali Assoumani, reconduit en 2019 puis en 2024, la revendication sur Mayotte demeure vive. Dans le même temps, le refus d’accueillir les personnes expulsées de l’île voisine accentue la pression sur des institutions déjà fragilisées.
L’économie repose en grande partie sur l’exportation de plantes à parfum, ylang-ylang, vanille, principalement vers la France et l’Inde. Mais la volatilité des marchés et la concentration des importations, en particulier du pétrole venu des Émirats arabes unis, rendent le pays vulnérable au moindre choc extérieur. Le passage du cyclone Chido sur Mayotte, le 14 décembre, a encore accentué l’instabilité, bouleversant les équilibres migratoires et sociaux. Les transferts de la diaspora dépassent aujourd’hui 20 % du PIB, un filet de sécurité, certes, mais incapable de soutenir à lui seul un développement durable.
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Quelques chiffres suffisent à prendre la mesure de l’urgence :
- Près de 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
- L’accès aux soins primaires demeure entravé pour un tiers des habitants.
- Les épisodes de pénuries alimentaires se multiplient, sur fond de catastrophes naturelles et de rivalités institutionnelles.
La dépendance à l’aide internationale montre vite ses limites. En 2019, la France a promis 150 millions d’euros sur trois ans, mais la réalité sur le terrain évolue peu. Les flux migratoires vers Mayotte ne tarissent pas, la société civile tente d’amortir les chocs, sans pouvoir pallier les failles majeures de la gouvernance. Désormais, la question dépasse la seule gestion de l’urgence : il s’agit de repenser les fondations du pays, ses choix économiques et son lien avec les partenaires de la région.

Espoirs, initiatives et mobilisation : comment les ONG et la société civile répondent à l’urgence
Sur place, la riposte à la crise comorienne se construit à la fois dans l’urgence et sur le temps long. Les organisations non gouvernementales, à l’image d’ALIMA, s’imposent comme des acteurs clés là où l’accès à la santé reste incertain. Médecins, logisticiens, bénévoles : ils s’engagent auprès des enfants, des femmes enceintes, des familles déplacées. À chaque épidémie, à chaque catastrophe, la solidarité s’appuie sur une coordination fine avec les réseaux locaux pour limiter l’impact sur la population.
La diaspora comorienne joue aussi un rôle central. Par ses transferts réguliers, elle permet à des milliers de foyers de tenir bon. Mais elle ne s’arrête pas là : associations, collectifs, plateformes citoyennes multiplient les initiatives pour influencer l’avenir du pays. L’exigence d’une représentation politique à Moroni incarne cette volonté de participer activement au destin national.
À côté de ces dynamiques, des projets prennent forme sur le terrain. L’implication de jeunes diplômés, le lancement de micro-entreprises agricoles, la formation de femmes en milieu rural : ces actions esquissent un développement ancré localement. Le tissu associatif, souvent structuré autour de la logique du collectif, adapte ses méthodes aux contraintes insulaires. Dans les quartiers urbains comme dans les villages, campagnes de prévention et ateliers éducatifs se multiplient, portés par une société civile qui continue d’agir, malgré le climat politique tendu et les moyens limités.
Voici quelques illustrations concrètes de cet engagement multiforme :
- ALIMA intervient dans les zones critiques humanitaires.
- La diaspora comorienne soutient financièrement et milite pour une place dans le débat public.
- Les ONG et associations locales structurent la réponse sanitaire, sociale et éducative.
Face à l’incertitude, les Comores s’accrochent à des espaces d’action et d’entraide. Les défis sont immenses, mais des forces vives refusent la fatalité. Demain, peut-être, cette énergie collective dessinera un autre horizon pour l’archipel.

